En référence au Canal de Berry coulant à Vierzon.

Angoisse d’un canal perdu

Un canal assoiffé, épuisé, peuplé d’algues verdâtres,

Décomposées,

Aux eaux figées et épaisses comme un vieux chemin trempé,

Un canal tellement long qu’il en a oublié d’où il vient,

Qui il est, abandonné par le temps et par son âme.

Devenu un cloaque aux eaux si ternes,

Qu’elles ne reflètent même plus la lumière du jour,

Un soleil qui ne se risque pas à s’aventurer

En ces eaux sombres et vitreuses.

La crainte d’être englouti, vampirisé.

Cà et là, on aperçoit toutefois quelques notes de couleurs,

Dérisoires,

Mais ce ne sont que des canettes de boisson et bouteilles en verre,

Jetées, délaissées par des passants désabusés,

Qui ne sont plus que les ombres sales du canal moribond,

Sinistré,

Famélique, angoissé par sa déchéance et l’oubli des hommes,

Qui pourtant l’ont créé,

Mais maintenant oublié.