FÊTE de L’ANCIENNE EGYPTE.

 

Rubrique : Chercheurs de Vérité.

Sous-titre : Dogme et culte chrétiens empruntés à la religion d’Isis et Osiris. Les emprunts du christianisme au culte d’Isis sont nombreux : le principe monothéiste, l’iconographie de Isis-Horus versus Marie-Jésus, la Trinité isiaque et chrétienne, la mort et la résurrection,  la fête de Pâques et de Noël, fête des rameaux commémorent des événements concernant Osiris, la communion par les deux espèces, la prière…

Résumé : L’historien et docteur en droit égyptien, le Prof. Sarwat Anis Al-Assiouty développe une intéressante argumentation sur ces sujets dans ses « Recherches comparées sur le Christianisme Primitif et l’Islâm Premier », les « Origines Egyptiennes du christianisme ». C’est en Egypte qu’est apparue pour la première fois, l’idée de l’immortalité de l’âme! Avec le nouvel oppresseur romain rejaillit le mythe du dieu Osiris avec la résurrection comme espérance de renaissance dans un monde plus juste. Le symbole de la résurrection fut transmis à travers les millénaires par la pensée égyptienne et devint par après un éminent symbole chrétien. Plutarque nous l’a enseigné, écrit encore le Professeur Sarwat ; des cérémonies rituelles célébraient deux fois par an, notamment au printemps, la mort puis la résurrection d’Osiris au troisième jour. Ce rituel s’est ensuite poursuivi sous la chrétienté[1].

Mots-clés : LOpusinSeptem, christianisme d’Isis, Vérité.

Auteur: Pierre Fasseaux, (Auteur de L’Opus in Septem – Complot en Egypte).

N.B : Le livre « L’Opus in Septem » sera disponible sous forme d’un e-Book au plus tôt dès le mois de mai 2014.
Voir aussi : L’Edifice http://www.ledifice.net/B005-E.html

Catégorie : Chercheurs de Vérité.

Bibliographie : cfr. Notes de bas de page de l’Opus in Septem. & Auteur principal :

Prof. Sarwat Anis Al-Assiouty, Recherches comparées sur le Christianisme Primitif et l’Islâm Premier – Tome II, Jésus le Non-Juif, Culte d’Isis Précurseur du Christianisme, Letouzey&Ané, Paris 1987 – Tome III, Origines Egyptiennes du Christianisme et de l’Islâm, Letouzey&Ané, Paris 1989[2] – Civilisations de répression et forgeurs de livres sacrés, Maât  La Vérité Letouzey&Ané, Paris 1995.

Synthèse

Ils portent tous deux le titre de « Seigneur », ils représentent tous deux la personnification de la « Passion » par le mystère osirien à l’origine de la vie,  la mort et  la résurrection.

Explorons l’argumentation de l’historien, le Prof. Sarwat Anis Al-Assiouty. L’étymologie du mot « Pâques » entoure les « Seigneurs » d’une énigme identique, soit une fête célébrant Osiris. Elle se déroulait à la nisân ( mars) ou à la Pharmouti (avril)  sous les Ptolémées du temps de Jésus-Îsâ, puis à la même époque pour les catholiques, lors de la pleine lune ou peu après celle-ci. La fête est marquée par un repas en commun et aboutit au sacrifice ou au repas sacrificiel. Il se prolonge par la mort des Seigneurs et enfin par le mystère de leur résurrection. Ce thème de la résurrection était pourtant existant dans le culte Osirien et constituait un point clef déjà trois mille ans avant notre ère.

Après le déroulement de la fête des Rameaux qui était à l’origine une fête d’Isis[3], le temps de la « Passion » va prendre place.

Les  Seigneurs succombent à la trahison.

Osiris, le « Tout Puissant du Ciel », fils du Ciel et de la Terre est attiré par ruse[4] par Seth[5] qui l’étend par terre, le ligote et le jette ensuite dans le Nil. Le corps d’Osiris réapparaît cependant au troisième jour. Cette fois, suivant les Textes des Pyramides, Seth le « disloque », le coupe en morceaux et les disperse. Mais Isis va parvenir avec Horus à rassembler les restes du corps et à reconstituer Osiris qui ressuscitera pour s’asseoir sur le Trône de Râ-Aton dans sa toute puissance. L’historien Sarwat Anis Al-Assiouty précise qu’Hérodote a consigné dans ses œuvres[6] cette période cultuelle entourée de mystère, la « Passion d’Osiris ».

Du temps de « Jésus », les grands prêtres juifs et les anciens vont en quelque sorte personnifier Seth, et comploter contre lui avec Judas, leur « taupe ». Le riche clergé juif veut détruire Jésus l’hérétique, le « défenseur des pauvres ». Après son arrestation, il est ligoté, battu, flagellé et couronné d’épines. Le peuple juif réclame sa tête à tout prix, celui du sang, et exige la crucifixion. Mis au tombeau, au troisième jour il ressuscite d’entre les morts et « monte » au ciel.

Pâques, nom aux origines de l’ancienne Egypte.

Toujours selon le Professeur Sarwat Anis Al-Assiouty qui cite Ibn Manzûr, le terme Pâques est dérivé de l’égyptien « fasekh » ou « fasîkh » en arabe, signifiant « disloqué » et fait d’une part référence à la mort d’Osiris disloqué et d’autre part au nom du poisson purifié par le sel, mangé par les Egyptiens à la Sham an-Nassîm. D’autre part il souligne aussi que le terme équivalent en araméen et en hébreu, soit « faskha », et « fasîkh » en arabe, signifiant boitiller, être disloqué, fait aussi référence à la métamorphose annoncée d’Osiris. Etrangement, l’appellation « Pâques » sous la forme de « Ta-faskha » va même se retrouver au Maghreb et y représenter un sacrifice alors qu’à Fès une procession qui s’y déroule comporte les éléments osiriens typiques. Ainsi, des Arabes, des Nord-Africains, les juifs, coptes et chrétiens ont repris d’une manière similaire la célébration de la fête de Pâques d’origine osirienne.

De manière étonnante, seulement un seul des quatre évangélistes, Jean, signale que Jésus sur la croix n’eut pas ses os brisés ou disloqués (conformément aux Ecritures: L’Agneau de l’Exode: 12-46), contrairement aux habitudes utilisées envers les personnes crucifiées pour accélérer la mort, ce qui  semble par là rompre avec l’imagerie osirienne.

 

La semaine sainte des sept jours et la communion

Le deuil d’Osiris est porté pendant une période de sept jours, le nombre sacré de l’Egypte ancienne, pendant lesquels se déroulent la garde du corps d’Osiris, le cortège de pleurs et d’offrandes. D’après l’historien, à ce jour les Egyptiens « pleurent leurs morts sept jours ». Il en sera de même pour les coptes qui vont organiser un cycle de sept jours de prières et un culte symbolisant la résurrection.

Au fur et à mesure et cela depuis le IIIème millénaire avant notre ère, les sacrifices des grands animaux sont progressivement abandonnés. L’historien signale ainsi que la communion par les deux espèces, le pain et la boisson  est reprise d’un rite isiaque signalé par les Textes des Pyramides et Textes des Sarcophages, alors que même la signification profonde de ce rite sacrificiel « manger la chair du corps d’Osiris » est reprise dans un hymne du IIIe millénaire avant notre ère. Ainsi, manger la chair et le sang d’Osiris, nourriture sacrée  insuffle à nouveau la vie(12)[7]. Comme le dit l’historien, la dernière Cène ne présente pas les caractéristiques d’une Pâque juive.  Elle n’est en effet pas marquée par le rite juif, vu l’absence de sacrifice animal et de sang. Caractérisée cependant par le partage du pain et de la boisson, elle signe un rite égyptien.

Toujours dans le IIIe millénaire avant notre ère, il sera dit des hommes passés dans l’au-delà «  qu’ils vivent de l’essence de chaque dieu,… qu’ils mangent leurs entrailles…, et avalent[8] le savoir de chaque dieu »[9]. Il est dit aussi dans un hymne à Osiris : «  Tu es le père et la mère des hommes, ils (les hommes) vivent de ton souffle, ils mangent la chair de ton corps »[10].

Après le sacrifice symbolique se déroule donc la communion avec le pain et la boisson, à laquelle participent le clergé et l’assistance. D’autres rituels d’origine Osirienne sont signalés par l’historien, lesquels sont encore pratiqués par les Egyptiens en général et ensuite par les chrétiens : manger l’oie, le pain sans levain, le poisson salé (le poisson est un symbole d’Osiris), les œufs colorés (survie et renaissance) et les épis verts ( résurrection et renouveau).

Le rite du repas pascal est diamétralement différent suivant qu’il s’agisse de la Pâques juive ou celui de la dernière Cène tel que relaté par les Evangiles. Contrairement au rite juif, il n’y a pas de sacrifice d’animal, pas de sang versé inutilement. Il s’agit d’un repas ordinaire même si un fragment copte d’un testament apocryphe suggère que Matthieu aurait sacrifié un poulet, ce qui est conforme à l’usage d’une communion égyptienne. Ce qui semble sûr, c’est que la signification profonde du renouveau par la communion égyptienne, « manger la chair »  et la résurrection d’Osiris chez les Egyptiens ou de Jésus chez les chrétiens, a bien été partagée et adoptée par les chrétiens mais pas par les juifs.

Ce qui est surprenant par contre, c’est cette obstination et lancinante obsession des rédacteurs des Evangiles de vouloir essayer à tout prix de relier leur Seigneur à une prétendue généalogie davidienne, et de rattacher les rites et les dogmes chrétiens à une identité commune « judéo-chrétienne » alors que des moments de l’histoire lient le « Grand Œuvre » de la chrétienté à celle de l’ancienne Egypte dont elle s’en inspire. C’est ce que l’historien tente aussi de démontrer tout au long de ses livres extraordinaires.

Comme si pour les chrétiens, le fait de s’éloigner de sources égyptiennes qui apparaissent communes dans les rites, les pensées et le dogme « révélerait » mieux leur propre authenticité dans un concept judéo-chrétien.  Mais l’histoire d’Egypte ne peut être oubliée…


[1] TomeIII, p.193 note 1057.

[2] Lire spécialement les pages 155-201 sur ces sujets.

[3] Suivant la description faite par Apulée, Métamorphoses, XI,7. Origines Egyptiennes t III, p.154-155.

[4] Suivant les Textes des Pyramides et textes des Sarcophages, IIIème millénaire avant notre ère.

[5] Seth y figure le Mal. Tout comme dans le livre l’Opus in Septem, le personnage du Mal est appelé « Sethan ».

[6] Hérodote, Hist, II, 171, Budé, Paris 1936, p.186

[7] (12)Sarwat Anis Al-Assiouty, Tome III, p.175. Voir notes: Textes des Sarcophages, Textes des Pyramides, Ostracon du Caire n°25209, A.Moret Roix et dieux d’Egypte.

[8] Avaler : terme aussi repris dans la Bible dans l’oracle divin (parole de Dieu) transmis à Ezechiel ( 3 :3), et qui désignerait une assimilation symbolique.

[9] Textes des Pyramides, form 273-274, n°397, 403,411, Speleers, p.58-59. Et Textes des Sarcophages

[10] Ostracon du Caire n°25209, tome de Bibân el-Molouk…XVIIIe dynastie, in Barucq et Daumas,  Hymne et Prières de l’Egypte Ancienne(1980), p.107