Rubrique : Chercheurs de Vérité.

Auteur : Pierre Fasseaux. ( « Les Affranchis du Temps »,  « L’Opus in Septem – Complot terroriste au temple de Hatshepsout » Le dossier réouvert, 20 ans après. )

 La Voie de la Sagesse, de la Connaissance et de la compassion par le Bouddhisme.   Cephas Pram Muni.

…OM MANI PADME HUM…

«  Il n’y a  de Dieu que Dieu »,  « Adi Bouddha est le Souverain de l’Amour et Homme Prophète ». « Que Bouddha soit béni. »Bouddha est la Félicité du monde.

Quel message Cephas Pram Muni  souhaite-t-il  nous transmettre?

Le Suprême de l’homme est le Bouddha et le Suprême du Bouddha est la Sagesse, Connaissance et Compassion, auxquelles tout homme a accès. Cette Sagesse-Connaissance-Compassion est un Trésor Précieux, un Trésor à partager.  Il est au-dessus de tout, au-dessus de la religion et des textes sacrés, au-dessus des institutions, des églises, des temples et mosquées. Car les hommes se battent pour défendre leur religion inculquée, alors que seule la Sagesse suffit pour promouvoir la Paix. En effet, la Sagesse est universelle, elle ne porte ni caractère religieux, ni l’empreinte d’une ethnie, ni les stigmates de la race ou encore la trompeuse empreinte de ceux qui se considèrent comme « élus ». Car la fallacieuse croyance phénoménale mais bien humaine en un peuple élu ne constitue pas un chemin menant à l’essence de la Sagesse mais seulement aux nuisances de l’égo.

Bouddha, par la voix et l’exemple de Padma-Sambhava,  annonce une ère nouvelle qui s’étendra au monde à tous les continents, tout comme une rivière de cristaux purs remplit le lit des rivières, puis les fleuves et enfin constituent  les limpides océans d’émeraude.  Bouddha purifie aussi l’air que nous respirons tous, qui devient énergie parfaite et nous relie au soleil, à la lune et finalement au Noun.

Ce sont des « Arhants » qui découvrent et présentent le « Roi Lotus » en descendant de la voûte céleste. Quel plus magnifique et extraordinaire exemple que celui de Bouddha et des « Arhants » et quelle plus belle preuve d’amour ? L’Arhant est en effet un Illustre et glorieux Saint bouddhiste. Il est un « rishi indou » qui a atteint le Noble Sentier Octuple, aux portes du Nirvana [1]. Mais justement, Arhant le Magnifique renonce à cet avenir personnel car il ne pense qu’à son prochain, au salut des hommes, aux non-illuminés. Il décide de rester sur Terre pour aider ceux-ci  à évoluer et se métamorphoser pour devenir des Êtres illuminés, lors du passage de la pleine lune. Arhant le Bienheureux est en quelque sorte un « Porteur de Lumière », un « Porteur d’Amour ». Il est un guide pour instruire les hommes par la prière et la méditation, car seul  cet accès à la Sagesse Connaissance l’importe. Et la Sagesse Connaissance de l’Esprit mène à la Libération par soi-même et pour les autres.

Ainsi les authentiques bouddhistes prient et méditent, un peu pour eux-mêmes, mais surtout pour les autres. Ils espèrent en une vie meilleure pour tous, afin que les obstacles du plus grand nombre soient allégés, et afin que le karma à tous soit en évolution. Cette Sagesse connaissance constitue une forme d’intelligence supérieure « la prajna » ( en sanskrit) qui se dissocie du monde illusoire, de la geôle terrestre et des hommes ordinaires  avides de biens matériels, de pouvoir et de haine, gouvernés par le « samsara »( en sanskrit), le flux universel des phénomènes.

Bouddha le Bienheureux, « que son Nom soit béni », et l’Arhant sont  la Vérité car ils procèdent à l’union à la fois de cette Intelligence supérieure, la prajna, avec la Compassion « karuna » ( en sanskrit). Ils accèdent à l’Eveil de l’esprit car leur compassion infinie embrasse tous les êtres, tous les peuples, survole tous les continents : depuis l’être respectueux méditant et illuminé à l’homme ordinaire, au non-illuminé, au fou insensé.

« On retrouve l’évocation du prajna en Inde au Cachemire avec le grand siddha du nom de Naropa, à l’origine d’une grande école mystique du bouddhisme tibétain au 11e siècle. Ni-gu-ma, la compagne de Naropa symbolisait en effet la « prajna »[2] (mot sanskrit), soit la gnose en tant que connaissance transcendantale. De plus Ni-gu-ma est considérée comme l’élément féminin uni à l’élément masculin « upaya » de son compagnon. Cet élément masculin représente l’action de compassion ( karuna en sanskrit) du bodhisattva, qualité « d’Être à l’Eveil » que l’on pourrait certainement aussi attribuer à Jésus-Îsâ. Cette union suprême de la connaissance sapientiale (sagesse) et de la compassion constitue l’essence du Dharma[3], sans dualité aucune. »[4]

Ainsi, il s’agit de l’Essence « d’Être à l’Eveil » du bouddhiste qui sublime cette union des deux éléments masculin et féminin qui sont en eux ; la Compassion et  la Sagesse.
La compassion du bouddha et des boddhisattvas s’étend à tous ceux qui se considèrent comme non-croyants  et croyants, qu’ils soient laïcs, animistes, chamanes, hindous, chrétiens, juifs, musulmans ou bouddhistes, intégristes même armés. Leur but est d’alléger les souffrances du monde des hommes et leur dépendance au monde illusoire matériel et des phénomènes, corriger la fausse pensée qui mène à la violence et au faux martyre. Car le vrai martyr est celui qui est tué par un assassin dans un acte insensé et sacrilège. Le faux martyr est celui qui tue ou déclenche un massacre et  devient dès lors le vrai assassin, à l’instar de ses chefs religieux commanditaires.

L’Eveil de l’Esprit est la Voie de Sagesse suprême préconisée par les bouddhistes, Sagesse et Compassion. C’est l’ouverture altruiste à la compassion mais aussi à la magnification du désir de bonheur de tous les êtres. Elle débute par la méditation qui visualise les êtres sensibles, se prolonge en espérant sans cesse leur bonheur et leur bien et est magnifiée par une action directe d’aide aux personnes en détresse, un partage et dialogue avec celles-ci.

Car le dialogue dans son sens étymologique est un « échange de paroles lumineuses et claires », franches et sans ombres. Le dialogue est une disposition pour écouter l’autre, sur ce qu’il a à nous apprendre et pour donner à l’autre. La compassion se situe dans une telle forme de dialogue, un dialogue habité par le silence et qui donne sans espérer quelque chose en retour, et sans être autoritaire.

La compassion, c’est le dialogue silencieux du bouddhiste « samaritain »

Celui à découvrir entre tous, laïcs, théistes, déistes et les apparents « sans-Dieu ». La compassion, c’est la valeur principale de l’Être qui « est », de l’altruisme tellement prôné par le Bouddhisme qu’elle en est la Clef de sa philosophie. La compassion c’est une philosophie de Sagesse dans laquelle le Bouddha Suprême, les Boddhisattvas  et les hommes vrais se reconnaissent. Une philosophie issue d’un Dieu laïc et pur, au-dessus des religions, libre  de toute contrainte avant sa tragique appropriation par les monothéistes. Car nombreux sont ceux qui, obscurcis par la Règle, leurs révélations et propres Lois, se sont détournés de l’amour, ont érigé les barrières et fomenté les conflits entre religions monothéistes, juive, chrétienne et islamique.

Toutefois, le dialogue silencieux du bouddhiste se cristallise dans la Parole sous forme de requête, comme y invite le Dalaï-Lama par la « Prise de refuge » et ces trois admirables prières à l’Eveil –  Compassion  qui suivent ci-dessous;

« Je prends refuge en le Bouddha, le dharma et la communauté spirituelle, Jusqu’à accéder à l’EVEIL. Par la force de la générosité et d’autres vertus, Puissé-je parvenir à la bouddhéité au bénéfice de tous les êtres »p.13

1 « Bien que le monde et ses êtres soient pleins des fruits des méfaits et que des souffrances indésirables tombent en pluie sur moi, inspire-moi à y voir des moyens d’épuiser les résultats des actions négatives et à prendre ces conditions misérables pour sentier. » L’Offrande au maître spirituel. P.124

jusqu’à la totale abnégation de soi :

2 « Puissent leurs méfaits s’épanouir sur moi, et toutes mes qualités fructifier sur eux, toutes les souffrances des êtres mûrir sur moi, et que de par mes mérites, ils soient heureux, Quels que soient les maux dont ils souffrent, qu’ils viennent à maturité uniquement sur moi. De par toutes les vertus des bodhisattvas, que les êtres errants jouissent de la félicité » [5]p.138

3 « Ô Bouddhas et bodhisattvas… à partir de maintenant et jusqu’à accéder à l’essence de la bouddhéité, afin de libérer ceux qui ne le sont pas, de donner de l’air à ceux qui n’en ont pas et à ceux quine sont pas allés complètement au-delà de la souffrance, je cultiverai l’aspiration à accéder à l’éveil insurpassable, parfait et plénier ». p.157

Imaginez un instant le pouvoir de cette prière d’abnégation, de sacrifice de soi, si elle était récitée avec sincérité entre les peuples qui se détestent et s’entretuent, par les juifs d’Israël et les musulmans palestiniens des Territoires palestiniens !


[1] Le livre tibétain de la Grande Libération, W.Y.Evans-Wentz, p.158 note 1, Ed. Adyar, Paris 1954.

[2] Robert Sailley, Le bouddhisme tantrique indo-tibétain, p.61, Ed. Présence, 1980

[3] Robert Sailley, Le bouddhisme tantrique indo-tibétain, p.100, Ed. Présence, 1980

[5] L’harmonie Intérieure, Sa Sainteté le Dalaï-Lama, Texte intégral. Ed. J’ai Lu, 1995, p.13, 124,128, 157